EXPLICATIONS: Toutes les automobiles au Québec (Canada) possèdent des plaques d’immatriculation portant les mots: « Je me souviens ». On assigne également un numéro à chaque véhicule, servant à identifier sa propriétaire. Lorsque je conduis, je peux voir le message inscrit sur la plaque du véhicule en avant de moi. Sa signification est claire : la conductrice doit se souvenir qu’elle n’est qu’un chiffre assigné par les autorités officielles, qui sont seules propriétaires de la personne et du véhicule. Il y a aussi un message subliminal : le privilège d’utiliser le véhicule accordé par les autorités peut être retiré quand celles-ci le décrètent. Si je suis une « mauvaise » conductrice, j’en subirai les conséquences.

En changeant les mots pour « Je me souviens de qui je suis », et en remplaçant le chiffre par le signe de l’infini, je transforme la plaque et j’annonce clairement mon identité véritable d’être souverain, avec un corps, une âme et un esprit. Je suis infinie, illimitée, immortelle et toute-puissante. J’obéis à ma propre loi intérieure, celle de mon âme individuelle et diessique.
AUTRE VISION… AUTRE MONDE!

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La devise du Québec : Je me souviens


Façade de l'Assemblée nationale
Photo Louise Leblanc (détail)
Son origine
En concevant en 1883 les plans du Palais législatif de Québec (aujourd'hui l'Assemblée nationale), Eugène-Étienne Taché (1836-1912), architecte et sous-ministre des Terres de la Couronne, fit graver dans la pierre, sous les armes du Québec qui apparaissent au-dessus de la porte principale du parlement, la devise Je me souviens. Elle fut utilisée et désignée comme la devise du Québec durant plusieurs décennies. L'adoption en 1939 de nouvelles armoiries du Québec sur le listel desquelles elle figure, raffermit son caractère officiel.

Sa signification
En l'absence de textes où Eugène-Étienne Taché expliquerait ses intentions, c'est en se plaçant dans le contexte où il a créé cette devise qu'on peut en comprendre la signification. Taché a conçu la décoration de la façade de l'hôtel du Parlement comme un rappel de l'histoire du Québec. Il en a fait un véritable Panthéon. Des bronzes y représentent les Amérindiens, les explorateurs, les missionnaires, les militaires et les administrateurs publics du Régime français, ainsi que des figures du Régime anglais, comme Wolfe, Dorchester et Elgin. D'autres éléments décoratifs évoquent des personnages ou des épisodes du passé et Taché avait prévu de l'espace pour les héros des générations à venir. La devise placée au-dessus de la porte principale résume les intentions de l'architecte : Je me souviens... de tout ce que cette façade rappelle.

La composition des premières armoiries du Québec (1868) utilisait les fleurs de lis pour souligner l'origine française de la majorité de la population, le «léopard», ou lion passant or sur fond rouge pour rappeler les liens du Québec avec la Grande-Bretagne et, finalement, un rameau de trois feuilles d'érable, la feuille d'érable étant décrite comme un symbole propre au Haut et au Bas-Canada.

Les armoiries du Québec


Les armoiries du Québec

Tiercé en fasce; d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or; de gueules, à un léopard d'or, armé et lampassé d'azur; d'or, à une branche d'érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ. Timbré de la couronne royale. Sous l'écu, un listel d'argent bordé d'azur portant la devise JE ME SOUVIENS du même.

La composition des premières armoiries du Québec (1868) utilisait les fleurs de lis pour souligner l'origine française de la majorité de la population, le «léopard», ou lion passant or sur fond rouge pour rappeler les liens du Québec avec la Grande-

Bretagne et, finalement, un rameau de trois feuilles d'érable, la feuille d'érable étant décrite comme un symbole propre au Haut et au Bas-Canada.

À la suite de diverses propositions exprimées, le gouvernement se dota en 1939 d'armoiries reflétant l'histoire politique du Québec: le régime français (fleurs de lis or sur fond bleu), le régime britannique (léopard or sur fond rouge) et la période canadienne (rameau de feuilles d'érable). Il est à noter que, contrairement aux usages suivis par les autres membres de la fédération canadienne, le Québec se dota d'armoiries sans avoir recours aux autorités britanniques.


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Gaston Deschênes
Directeur, Direction des études documentaires
Assemblée nationale, Québec

Présentation
En 1976, le Parti québécois, favorable à la souveraineté du Québec, était porté au pouvoir. Deux ans
plus tard, la phrase Je me souviens était inscrite sur les plaques d'immatriculation de la Belle Province. Il en est résulté une controverse qui dure toujours. Les uns attribuèrent à cette devise une connotation revancharde, les autres y virent un éloge de l'administration anglaise; ils ajoutaient foi à une opinion selon laquelle la phrase complète d'où a été tiré le Je me souviens, était: «Je me souviens que né sous le lys, je croîs sous la rose.» Dans cet article, destiné à devenir un classique de l'analyse des rumeurs, Gaston Deschênes met fin à la controverse.

Extrait
La devise du Québec est ouverte et ne comporte pas de jugement de valeur (contrairement à l’autre
devise où plusieurs ont vu les bienfaits de la Conquête). C’est une invitation à se souvenir que chacun peut interpréter à sa guise en toute liberté, ou, comme l’écrivait récemment le journaliste Antoine Robitaille47, «une forte apologie de la mémoire qui se maintient au coeur de l’espace public».

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